Afin de préparer une plate-forme revendicative et pour donner une suite à nos actions dès la rentrée 2007/2008, le collectif des non-titulaires du SNES s’est réuni en Assemblée Générale le Vendredi 27 Juin 2007. Après avoir fait le point sur le vécu des non-titulaires durant l’année écoulée et un bilan rapide de nos actions, nous avons décidé de continuer à nous faire entendre dès la rentrée !

Comme à chaque rentrée, de nombreux non-titulaires seront laissés sur le bord du chemin, avec pour certains des indemnités chômage, s’ils ont encore des droits ouverts, ce qui n’est pas le cas de tous ! De nombreux collègues ayant épuisé leurs droits en compléments de temps partiels imposés et de vacances non payés !

C’est pourquoi, le collectif des non-titulaires a décidé, avec le SNES et la FSU, d’agir dès les premiers jours de la rentrée, et au-delà durant le 1er trimestre, et nous vous invitons à venir vous rassembler le mercredi 12 septembre devant le Rectorat de Nice pour une action forte.

Un barbecue de la solidarité contre la précarité sera mis en place dès 12h30 et la tente de la colère sera déployée pour montrer au Recteur et au gouvernement que cette situation ne peut plus durer. La précarité est présente dans tous les secteurs (public et privé) et des milliers de non-titulaires la vivent au quotidien avec des statuts de plus en plus précaires.

Nous devons réagir et ne plus accepter ces conditions de travail qui pèsent sur notre avenir et celui de nos familles ! Nous devons organiser les solidarités (titulaires et non-titulaires, collègues en poste et au chômage) pour enfin aboutir et mettre un terme définitif à la précarité.

Le SNES avance pourtant des solutions combinant un véritable plan de titularisation avec la nécessité de recruter des titulaires dans la fonction publique. Il est attaché à une titularisation qui ne brade ni le corps d’accueil, ni la formation, ni le reclassement et qui reconnaisse l’expérience professionnelle.

Le SNES réaffirme l’urgence d’un plan de titularisation pour tous les non-titulaires, en poste ou au chômage et qui s’appuie sur deux voies : le concours interne et l’entrée en deuxième année d’IUFM avec la dispense des épreuves théoriques du concours et une titularisation par inspection dans le cadre du stage. Il convient dans le même temps de garantir le réemploi, des droits sociaux et professionnels analogues à ceux des titulaires, un accès à la formation avec décharges de service pouvant aller jusqu’à l’année complète et un accès à des cycles préparatoires pour les nouveaux recrutés.

Ces solutions sont plus satisfaisantes qu’un CDI aux conditions d’obtention par trop restrictives et contraires au statut. De plus, il est indispensable de mettre assez de postes aux concours pour ne plus avoir recours de nouveau à des non titulaires. Pour cela une vraie politique de prévision des besoins allant à l’encontre du dogme de la réduction du nombre de fonctionnaires doit être mise en place rapidement.

Le collectif des non-titulaires de Nice refuse le prix fort payé par la jeunesse condamnée à être la « génération précarité », à qui l’on dénie le droit à l’emploi stable, à la formation, à la reconnaissance de la qualification et de l’expérience professionnelle.

Personnels de l’Education Nationale, non-titulaires et titulaires, nous devons être tous concernés alors que les conditions d’une véritable démocratisation de l’école n’est plus assurée : carte scolaire catastrophique, suppression de dizaine de milliers d’emplois, école à deux vitesses...
Dans l’Éducation Nationale, nous connaissons les ravages de la précarité : des centaines de collègues dans notre académie et des milliers au plan national seront au chômage dès la rentrée. Parmi eux, certains sont en fin de droit et soumis au RMI et d’autres seront obligés d’accepter des vacations pour vivre.

Ne laissons pas ces collègues seuls face à leur destinée et venez nombreux, devant le rectorat de Nice le 12 septembre 2007, pour soutenir le campement de la solidarité contre la précarité.

Pour le collectif des Non-Titulaires du SNES : Jean-Louis INNOCENTI, Ibrahim CISSE, Emmanuèle MICHELOT

Pour le secrétariat académique : Richard GHIS, Jean-Pierre LAUGIER et Eric MICHELANGELI

Les messagers de l’espoir

Suite à l’AG du 27-06-2007 où plus d’une vingtaine de collègues se sont réunis dans les locaux du Snes pour discuter tous ensemble des problèmes épineux que vivent les collègues tout au long de l’année ; ces non-titulaires déterminés ont l’ambition non de porter le monde sur leurs frêles épaules ou d’établir des mesures hasardeuses sur les comètes. Loin s’en faut ! Bien plus, ils se démènent comme des diables pour résoudre la chaotique interrogation de plusieurs centaines de non-titulaires laissés en rade.

C’est pourquoi l’objectif réaliste de ces partenaires indispensables de l’Éducation nationale consistait à instituer un véritable statut d’avenir.

Cette concertation passionnée et passionnante s’est déroulée dans une ambiance studieuse où la docte assemblée parle comme un seul homme pour égrainer les points fondamentaux dans l’optique de la rencontre du lundi 09 juillet 2007 avec le Recteur ou son représentant. Le protocole que voici fera l’objet d’une négociation méticuleuse avec le Recteur :

  • Le réemploi de tous les non-titulaires en activité et au chômage.
  • L’arrêt immédiat du système actuel des vacations adopté par le rectorat en vue de résorber le vivier des non-titulaires avec pour la prochaine rentrée des contrats en bonne et due forme.
  • La validation de la totalité des états de service de tous les non-titulaires même si des interruptions affectent la période ciblée.
  • Sur l’institution du CDI par la loi du 26 juillet 2005, les collègues demandent l’extension des critères d’admission à tous les non-titulaires justifiant d’une ancienneté couvrant les dix dernières années. En attendant, nous souhaitons l’ouverture d’une discussion sur l’application nébuleuse de la circulaire du 01-12-2005 dont les dispositifs restent sujets à polémiques.
  • La possibilité d’intégrer la deuxième année de l’IUFM avec une dispense des épreuves écrites et théoriques. Cette proposition étant validée, pour tous les non-titulaires quelle que soit leur ancienneté, par une inspection en fin de stage.
  • L’augmentation du nombre de postes dans les concours (internes et externes) et le rétablissement de concours adaptés à la situation spécifique des non-titulaires. C’est le seul moyen d’éviter la massification des effectifs dans les classes et de permettre aux élèves de bénéficier d’un apport pédagogique adéquat.

Le barbecue de la solidarité

Les non-titulaires et leurs familles ne comptent pas être les laissés pour compte de l’Education nationale ; ils entendent donner du poids à leur action militante. Dans cette perspective, ils prendront un rendez-vous chargé de sens avec l’histoire. En effet, le 12-09-2007, les enfants des non-titulaires souffleront dans les braises ardentes d’un immense barbecue pour rappeler avec insistance l’avenir incertain de leurs parents et réclamer pour eux un plan viable de titularisation.

Dans le même esprit, ils vont déployer d’une manière symbolique la tente de la colère de 2003 des non-titulaires pour déplorer les conditions de travail des précaires. Tant il est vrai que les non-titulaires militent en faveur d’une école de l’égalité, de la réussite et de la justice pour tous. D’un mot, leur stabilité passe à la fois par l’équité sociale (reconnaître leur mérite en leur offrant un contrat de travail à l’année) et par le respect scrupuleux des principes sacro-saints qui ont aidé à l’institution du barème de tous les non-titulaires. Cela dit, les précaires comptent sur la vigilance du groupe de travail pour la prise en compte du seul barème comme baromètre incontournable de leur critère d’affectation. Lux mea lex.

Collègues non-titulaires, si vous désirer être membre du collectif Non-titulaires du SNES Nice, merci de vous inscrire sur le tableau ci-joint et de nous le renvoyer avec vos commentaires à non-titulaires@nice.snes.edu

Cissé Ibrahim : Professeur contractuel