Dans les Lycées, se tiennent les conseils d’administration dans lesquels on essaie, tant bien que mal, d’imposer dans l’urgence une réforme d’ampleur qui ne dit pas tout à fait son nom mais qui met en place un triptyque : orientation-sélection/ simplification du bac /autonomie établissement –université Le second PP de Terminale dont la mise en place était prévue le 1er décembre était toujours régie par un simple vademecum à cette date. Le décret est paru le 1 er décembre. Le second PP est devenu nécessaire dans un contexte où l’orientation post bac devient de plus en plus complexe. http://cache.media.eduscol.educatio...

Néanmoins lorsqu’on étudie ce Parcours –Avenir, on constate que cette nouvelle procédure n’est pas faite pour « améliorer l’orientation » : elle est faite pour dissuader certains élèves de faire des études supérieures et pour permettre aux universités de sélectionner les étudiants de leur choix !
La sélection des candidats et leur parcours seront donc décidés en fonction d’un profil défini localement et, éventuellement, en fonction de l’avis du conseil de classe de l’année de terminale.
Le baccalauréat n’est plus la condition nécessaire et suffisante pour s’inscrire dans le supérieur. Il est nécessaire pour candidater mais n’est plus suffisant pour s’inscrire dans la filière de son choix ! Avec un calendrier très resserré et une plate-forme d’affectation aux règles encore mystérieuses, toute la procédure d’orientation risque de se gripper au détriment des élèves, dont les perspectives de poursuite d’études vont se compliquer.

Le 29 Novembre le SNES-FSU a été reçu par le Ministre J-M. Blanquer qui a enfin annoncé ce qui avait déjà « fuité » dans la presse. A savoir : le baccalauréat et la réforme du lycée. Il s’agit d’introduire le contrôle continu au baccalauréat tout en conservant le caractère national du diplôme, de mettre en place un lycée modulaire tout en conservant la voie technologique, d’améliorer le lycée à moyens constants tout en supprimant des postes dans le second degré sans toucher au collège... un beau numéro d’équilibrisme ! Le ministre a pointé du doigt le coût d’un lycéen, supérieur à la moyenne de l’OCDE, tout en reconnaissant une grande hétérogénéité des situations selon les disciplines, les séries, les voies d’enseignement. Il souhaite que le système s’améliore, mais répétons-le : « à moyens constants ».

Réforme du baccalauréat
Selon le ministre, l’objectif de 4 épreuves doit être lu comme entre 3 et 5 épreuves terminales écrites, sans compter les épreuves anticipées de Première. Le contrôle continu ne doit pas conduire à de l’inégalité. Il faut donc trouver des modalités qui évitent ce problème (le ministre cite l’hypothèse de baccalauréats blancs plus cadrés que ce qui est mis en œuvre actuellement dans les lycées, avec correction par des professeurs extérieurs au lycée).

Réforme du lycée
Pour le ministre, il s’agit d’une réforme en 4 anneaux : accès à l’enseignement supérieur, baccalauréat, enseignement professionnel et apprentissage, avec la volonté de rendre le bac pro attractif et de le développer en parallèle de l’apprentissage. La voie technologique n’est pas remise en cause. Mais le lycée va forcément vers du plus modulaire.

Classe de Seconde et calendrier
Compte-tenu du calendrier, l’impact des réformes sur la classe de Seconde sera obligatoirement réduit pour 2018-2019. Il pourrait y avoir une réforme en deux temps : des aménagements réduits à la rentrée 2018, et d’autres en même temps que la classe de Première à la rentrée 2019, notamment pour les programmes.

Le SNES-FSU a rappelé au ministre :

  • Que l’entrée « 4 épreuves et contrôle continu » stérilise le débat sur le lycée car ce type d’épreuves renforcerait les inégalités territoriales et la concurrence entre les lycées. Le SNES-FSU défend le maintien d’épreuves nationales, anonymes et terminales seules garantes de l’égalité de valeur du diplôme sur tout le territoire, et a des propositions concrètes dans ce cadre (modalités, coefficients…) ;
  • l’intérêt de l’organisation en séries, permettant d’offrir au sein d’une série un ensemble d’enseignements cohérents, et l’importance de la voie technologique ;
  • son inquiétude vis-à-vis du calendrier et en particulier des programmes bâclés pour la classe de Seconde
  • son désaccord avec les suppressions de postes qui vont mécaniquement suivre la baisse du nombre de postes au concours en 2018.

Le projet de réforme de l’orientation post-bac n’est pas fait pour améliorer la réussite des étudiants : il est fait pour sélectionner et ainsi barrer la route aux élèves qui seront jugés les plus fragiles. Ce projet est en cohérence avec les réformes envisagées du bac et du lycée à venir : des réformes qui ne feraient qu’à accroître les inégalités entre élèves et établissements, et à désorganiser les enseignements au sein des lycées.

Le SNES-FSU met à votre des dispositions des outils d’analyse (présentation critique de la nouvelle orientation post bac) et des outils de communication en CA (motion) et à destination des parents et des élèves :
https://www.snes.edu/D-APB-a-Parcou...
• Des éléments de réflexion sur le lycée modulaire : https://www.snes.edu/Le-lycee-modul... . Loin de correspondre aux appétences des élèves, le lycée modulaire recrée les « séries » du modèle français tout en appauvrissant l’offre de formation tandis que les « attendus » des universités britanniques les plus prestigieuses accentuent les inégalités sociales et la concurrence entre établissements du secondaire.
• Sur les idées reçues sur le bac : https://www.snes.edu/Baccalaureat-v...

Il est nécessaire de mobiliser la profession pour un Bac national, terminal et anonyme. Les élèves doivent pouvoir suivre, dans un lycée, des parcours bien identifiés permettant de lutter contre les déterminismes sociaux et les stéréotypes de genre.

Alain Galan, Secrétaire général du SNES-FSU - Académie de NICE