Sans surprise, la rentrée voit fleurir les propositions des candidates sur l’avenir de l’École. Certaines relèvent d’une instrumentalisation du service public d’Éducation à des fins électorales ou d’une vision populiste qui ne peut que desservir l’École publique. Le SNES-FSU interpellera les candidates, excepté celles et ceux d’extrême droite, et continuera de dénoncer les dangers des mesures portées par celle-ci pour les élèves, les personnels et le service public. Cette rentrée clôt dix ans de macronisme, marqués par des réformes successives ayant profondément transformé et fragilisé l’École, notamment le second degré : lycée et bac Blanquer, « Choc des savoirs », etc. Ces choix ont dégradé le sens des métiers. Les promesses de revalorisation salariale se sont révélées largement trompeuses.

SALAIRES ET PENSIONS : STOP À L’INTOX
La récente note de la DEPP présentant la revalorisation indemnitaire comme un soutien à la dynamique du salaire net est méprisante. Après les hausses du point d’indice de 2022 (+3,5 %) et 2023 (+1,5 %), intervenues après plus de cinq ans de gel et dans un contexte de forte inflation, aucune revalorisation indiciaire ou indemnitaire n’a été décidée pour les enseignantes en 2024, 2025 et 2026. Emmanuel Macron est le premier président à ne pas avoir augmenté le point d’indice durant un quinquennat. La hausse de l’ISOE en 2023, inférieure à 100 € net mensuels, est la seule mesure générale.
Depuis la fin de l’indexation du point d’indice sur l’inflation en 1983, le pouvoir d’achat des fonctionnaires recule. Avec une inflation encore à 2,4 %, le gouvernement refuse de revaloriser le point d’indice et le minimum Fonction publique. Des mesures générales sont indispensables pour préserver le pouvoir d’achat, reconstruire les carrières et progresser vers l’égalité salariale.
Le SNES-FSU s’oppose à tout projet de budget visant à désindexer les pensions de retraite alors que la plupart des retraitées de la Fonction Publique ont des pensions trop faibles.

CONTRATS ET PRÉCARITÉ
Le SNES-FSU défend le statut de la Fonction publique et un plan de titularisation des contractuelles. Le CDI ne constitue pas une réponse satisfaisante : le gouvernement veut faire du contrat une modalité ordinaire de recrutement, au détriment de l’emploi titulaire, afin de disposer de personnels plus flexibles et dépendants de l’administration.

RECRUTEMENT
Malgré l’ouverture de concours à bac+3, le vivier de candidates reste très faible : 53 554 candidatures uniques aux concours du second degré hors agrégation, pour un nombre de postes comparable à 2017. Faute de listes complémentaires, 446 postes ont été perdus au CAPES externe.

BAISSE DÉMOGRAPHIQUE
La baisse démographique annoncée ne doit pas servir de prétexte à de nouvelles suppressions d’emplois. En neuf rentrées sous Macron, 10 230 emplois d’enseignantes ont été supprimés alors que les effectifs d’élèves augmentaient. Le SNES-FSU demande au contraire de profiter de la baisse future pour rattraper le retard accumulé en moyens humains et préserver l’École publique.

RECUL DES DROITS DES PERSONNELS
Un nouveau projet de décret a été présenté au printemps au Conseil commun de la Fonction publique. Dans la même veine que le précédent, l’objectif affiché était clairement de faire reculer le droit des personnels pour ce qui concerne les ASA susceptibles de concerner le plus grand nombre d’agent⋅es, et en contrepartie organiser de nouvelles ASA déjà prévues par la loi, notamment celles liées à la parentalité. L’ensemble des organisations syndicales ont combattu ce décret. Le gouvernement a décidé de passer son mauvais coup, une fois encore, en force. Pour être bien sûr que le droit des personnels recule, le gouvernement s’est arc-bouté sur une disposition précisant que les ASA et aménagements d’horaire prévus par le décret sont limitatifs. En clair, ceci interdit la possibilité de négocier des conditions plus favorables.
Le SNES-FSU dénonce un autre mauvais coup fait aux personnels à savoir le décret du 31 juillet 2026 qui rend plus difficiles les conditions d’accès au TPT et l’obtention d’un arrêt de travail dont le contrôle administratif est abusivement renforcé.

BÂTI SCOLAIRE ET CLIMAT
Les canicules de 2026 imposent un vaste plan de rénovation du bâti scolaire, estimé à 4-5 milliards d’euros par an pendant dix ans, ainsi que des mesures immédiates : volets, filtres UV, espaces rafraîchis et protocoles adaptés aux alertes de Météo-France. Le SNES-FSU dénonce l’amputation de 80% du plan vert pour la rénovation du bâti scolaire. C’est un très mauvais signal envoyé aux personnels qui travaillent dans des conditions particulièrement dégradées depuis le printemps 2026. L’adaptation au changement climatique doit être pensée dès maintenant à l’horizon 2050.

TÉLÉPHONE ET IA
L’interdiction du téléphone au lycée ne peut être imposée sans concertation avec les personnels et les élèves. Le SNES-FSU prend acte malgré tout d’une mesure qui favorise la déconnexion des élèves. Le SNES-FSU demande le développement de lieux favorisant les activités collectives sans écran. Dans le même temps, le ministère accélère sur l’IA : le SNES-FSU revendique un principe de précaution et alerte sur le risque qu’une heure hebdomadaire d’IA en Seconde, prévue pour 2027, se fasse au détriment des mathématiques.

MANUELS SCOLAIRES
Pour le SNES-FSU la division par deux de l’enveloppe consacrée à l’achat des manuels en collège dans le cadre du renouvellement des programmes est inacceptable. Il demande à l’Etat une rallonge immédiate permettant l’achat des manuels manquants. Il soutiendra toute initiative dans les CA des collèges pour alerter le Ministère (motions, courriers au Rectorat…).

CEREMONIE OBLIGATOIRE DE L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE
Le SNES-FSU dénonce l’instauration imposée d’une cérémonie obligatoire d’hommage aux morts pour la France aux alentours du 11 novembre au sein des établissements scolaires. Il s’oppose à toute récupération politique par les élus locaux. Le travail autour de l’histoire et des mémoires doit demeurer un savoir construit dans le cadre des enseignements et non pas servir une idéologie militariste ou viriliste. Le SNES-FSU encourage plutôt le développement de projets pédagogiques financés autour du travail de mémoire.

ACTION

  • 15/09 : Soutien manifestation étudiante
  • 19/09 : « Non au permis de tuer ». Rassemblement à 11h place des martyrs de la résistance à Antibes
  • 21/09 : loi intégrale contre les VSS
  • 26/09 (et 27/09 pour Nice) : Marche climat
  • 29/09 : grève et manifestation
  • Audience nouveau Recteur
  • Audience SG et DRH : dossiers santé

Pour 27 / Contre 0 / Abstention 0 / Refus de vote 0

Adopté à l’unanimité