La séance de ce CSA a abordé le bilan des principales opérations de gestion concernant les personnels du 2d degré pendant l’année 2025-26.
Exercices traditionnels et techniques, ils permettent de se faire une idée - aussi précise que le permet la réglementation - de la carrière des personnels et des choix opérés par notre employeur.
Evidemment, ce CSA ne remplace pas la perte de compétences des CAP, conséquence de la loi de destruction du paritarisme adoptée il y a déjà 7 ans. Nous exigeons toujours son abrogation.
Mobilité
Phase inter académique :
Le taux de participants titulaires de l’académie qui obtiennent une mutation augmente et atteint 47 %. Cela étant, lassitude, crainte d’une mutation en aveugle ou attachement à notre académie, de moins en moins de collègues participent à cette phase inter (– 15%) Les académies d’arrivée sont celles du sud de la métropole : Aix, Montpellier et Toulouse totalisent presque la moitié des sortants volontaires. L’âge moyen d’un sortant est 44,1 an.
27 % des candidats ont demandé une bonification au titre du handicap (la moitié des demandeurs l’ont obtenue), contre 24 % l’an dernier.
Le nombre d’entrants recule de 9 %. Concernant la bonification au titre du handicap, on retrouve la proportion d’entrants qui l’ont obtenue s’élève à 10 % (contre 8 % l’année précédente). L’âge moyen d’un entrant est 39,4 ans.
Phase intra académique
La participation globale, comme le nombre de personnels mutés augmentent de 3 %. Le taux global de mutation est stable autour de 48 %.
Toutefois ces hausses masquent une réalité moins reluisante. En effet, parmi les personnels volontaires (qui ont déjà un poste fixe et qui veulent en changer), seuls 24 % obtiennent une mutation ! Ce taux de satisfaction est traditionnellement inférieur au taux global : quand on a un poste, on ne le quitte pas en faisant des vœux très large (DPT, ZRD) ! Les services rectoraux nous ont signalé qu’ils optimisaient les affectations et avaient obtenu 24 améliorations du résultat initial de l’algorithme. Nous avons dû rappeler à monsieur le Recteur que, quand nous étions consultés en CAP, c’est au moins 5 fois plus d’améliorations que nos élus arrivaient à proposer et cela sans aucune dégradation du projet !
Les principales bonifications au mouvement intra sont le rapprochement de conjoint (RC ou APC) qui concerne un tiers des participants et la bonification au titre du handicap accordée à 5 % des candidats (la moitié des demandes étant accordée).
Recours
La FSU accompagne environ la moitié des collègues qui ont mandaté une organisation syndicale. C’est un gage de confiance renouvelée dans l’investissement des commissaires paritaires dont l’expertise remonte à la période où un contrôle paritaire était exercé en CAP. De plus, le taux de satisfaction des collègues qui ont mandaté la FSU est supérieur au taux moyen. Au vu de grand nombre de recours suivis, ce taux est particulièrement significatif !
Postes – Remplacement
D’autre part, notre académie n’est pas un cas isolé s’agissant de la pénurie de personnels titulaires : à l’issue du mouvement 338 postes non spécifiques et 39 postes spécifiques sont restés vacants. Il manque donc 377 personnels titulaires dans l’académie de Nice ! Evidemment la plupart de ces postes vont accueillir des stagiaires, des non titulaires, des TZR …
Au sujet des TZR, les annonces ministérielles se sont invitées au CSA. Nous avons dénoncé le numéro de prestiagitateur de E. Geffray qui annonce affecter 3024 TZR trouvés grâce à un nouveau logiciel. Où on se retrouve avec un ministre qui, plutôt que de soutenir ses personnels, les livre à la vindicte populiste : il y aurait 3024 profs payés à ne rien faire ! Et les services rectoraux le savaient et ne faisaient rien ! Des propos indignes d’un ministre.
En moins d’une semaine nous étions alertés sur des affectations irréalistes (collègue de philosophie qui devrait aller faire du latin ? Collègue de SES qui devrait aller faire de l’EPS ? …) et irrégulières au regard de la réglementation !
Les TZR ne sont pas des pions, leur discipline de recrutement doit être respectée ! Ils peuvent compter sur le SNES-FSU pour faire valoir leurs droits !
A Nice, la pénurie de titulaire a aussi pour conséquence que 45 % des TZR sont affectés sur des postes vacants ou regroupements de blocs d’heures. Il n’en reste plus qu’à peine la moitié pour vraiment faire des remplacements (et 20 de moins que l’année passée !).
Stagiaires
La réforme de la formation en cours s’accompagne de la coexistence de deux concours (bac +5 ou bac +3). Le nombre de stagiaires passe de 338 à 397. 54 % sont à temps plein.
Le taux de stagiaires venant d’une autre académie a doublé. C’est inquiétant car ces nouveaux collègues devront, avec des salaires bas dans une académie où le coût de la vie est élevé, s’installer … pour devoir déménager à nouveau dans de nombreux cas l’an prochain pour leur premier poste de titulaire.
Si la réforme du concours a pour effet de dégrader les conditions d’entrée dans le métier, cela ne va pas contribuer à régler la crise d’attractivité de nos métiers !
Promotions
Hors classe
Tous corps confondus, le nombre de promouvables est en recul. La baisse atteint 13 % en deux ans.
Logiquement, le nombre de promus est aussi en recul (– 10%), moins important que pour les promouvables car le taux de promotion a augmenté en 2025 pour atteindre 23 % des promouvables. C’est la dernière hausse contenue dans le cadre du PPCR qui a vu le taux de promotion passer de 18 % à 23 % (28 % d’augmentation en 5 ans !).
Les agrégés pâtissent depuis deux ans d’une baisse du contingent de promotions. C’est une conséquence de la gestion des promotions qui est, depuis 2025, descendue à l’échelon rectoral. Le SNES-FSU continue de dénoncer cette déconcentration qui contribue à des inégalités de traitement entre académies qui n’existaient pas lorsque les promotions étaient attribuées nationalement par disciplines.
Rappelons que la réglementation qui régit l’accès à la hors classe énonce le principe d’un déroulement complet de la carrière sur au moins deux grades (classe normale et hors classe). Cela est mis en œuvre par un barème national et des modalités d’évaluation très cadrées (évaluation au même moment : 2e année du 9e échelon par exemple).
Répartition par échelon :
Pas de promotion au 9e échelon.
Chez les certifiés, les échelons 10 représentent 58 % des promus. Chez les agrégés c’est 69 %.
La probabilité d’être promu à l’échelon 11 est 59 % chez les agrégés et 80 % chez les certifiés.
La probabilité d’être promu à l’échelon 10 est 31 % chez les agrégés et 29 % chez les certifiés.
Pour ces deux corps, l’âge moyen de promotion est 50 ans.
CPE et Psyen : effectifs trop faibles.
Classe exceptionnelle
Tous corps confondus, le nombre de promouvables est en recul. La baisse atteint 4 % en deux ans.
Le nombre de promus est aussi en recul (– 2 %), moins important que pour les promouvables car le taux de promotion a augmenté en 2026 pour dans les corps les plus importants (passage de 9 % à 9,5%). Cette hausse atténue le décalage de 15 promotions de 2026 vers 2025. Cette anticipation de promotions a été obtenue par le SNES-FSU suite à ses interventions auprès de la DGRH à l’occasion de la correction des erreurs rectorales (plus de 100 !) de juillet 2025.
Selon le rectorat, il reste encore 15 collègues dépromus 2025 qui n’ont pas été promus en 2026. Le recteur s’est engagé à ce qu’ils le soient en 2027.
L’âge moyen des promu.es se situe, selon les corps et le genre, entre 55 et 59 ans.
Ce que veut le SNES-FSU : une carrière parcourue sans obstacle de grade et, en attendant, des modalités d’accès à ce dernier grade entièrement refondues. Un système calqué sur la classe exceptionnelle (barème national, poids important de l’ancienneté) permettant l’accès de tous et toutes est nécessaire. Dans l’académie, des centaines de collègues sont en effet actuellement bloqués en fin de hors classe sans possibilité de progression salariale. Les pertes de pouvoir d’achat s’accumulent, sans parler des effets sur les pensions !
Congés de formation professionnelle (CFP)
Les candidats à l’obtention d’un CFP doivent s’armer de patience ; surtout les agrégés et les certifiés. Il fallait 11 demandes aux certifiés l’an dernier pour obtenir un congé rémunéré en 2026-27. Cela explique la chute du nombre de candidats certifiés (– 26 % en 3 ans).
Chaque année, le rectorat décide le nombre de mois qui seront affectés aux CFP. Cela fait partie de la répartition des moyens donnés à l’académie. La pénurie évoquée plus haut a donc aussi pour conséquence que ce poste, pourtant marginal au vu du nombre de titulaires et de contractuels de l’académie, est stable depuis des années (moins de 30 ETP). Les collègues qui veulent utiliser le dispositif du CFP subissent donc le manque de moyens !
Nous nous opposons aux tentatives rectorales, parfois relayées par d’autres organisations syndicales, de changer les critères d’attribution. Pour l’instant c’est le nombre de demandes antérieures qui classe les collègues. On voit bien comment l’administration pourrait faire évoluer ce classement : en accordant des contingents de mois à certaines formations ? Au détriment d’autres ? Avec des collègues qui attendent depuis des années et qui en verraient d’autres obtenir un CFP rapidement ? Ne laissons pas à l’administration un droit de regard sur le type de formation suivie.
Il faut augmenter le nombre de mois global !
Recrutement des contractuels d’enseignement, d’éducation et d’orientation
Il y a eu l’an dernier 1597 contractuels recrutés dans l’académie de Nice, sur des contrats annuels (CZR et CDI) ou pour une période et un nombre d’hebdomadaire d’heures déterminés (CDD).
67 % ont été renouvelés à la rentrée 2026, la plupart (96 %) avec un CZR.
On notera que 369 agents n’ont pas été renouvelés selon le rectorat par « inadéquation de besoins disciplinaires ou territoriaux » bien que leur évaluation se soit conclue par un avis favorable ! Ils représentent 70 % des non renouvelés. Moins de TZR et des contractuels non reconduits, les élèves qui n’ont pas eu cours dans une matière pendant tout le mois de septembre savent pourquoi !
Pour les élu.e.s SNES-FSU en CSA, Serge Muller
